ArtBrussels, la foire la plus déjantée du monde

21 04 2008

Harry Bellet
Article paru dans l’édition du 20.04.08.
Le Monde.fr.

Ils sont fous, ces Belges ! La 26e édition d’ArtBrussels, la foire de Bruxelles qui se tient jusqu’au 21 avril, est une des plus déjantées qui soient. Un symbole ? Les organisateurs ont demandé à l’artiste Wim Delvoye, célèbre pour ses cochons aux tatouages de Hell’s angels, de couper le cordon le soir du vernissage. Un privilège d’ordinaire réservé aux ministres en exercice. Il a aussi un stand pour lui tout seul, une boutique où il vend ses boîtes de jouets fabriquées en Chine, qui le représentent avec son matériel de tatoueur, et un nouveau produit dérivé, un puzzle de 1 500 pièces à ne pas laisser à la portée des enfants.

A arpenter les allées, où sont regroupés 180 exposants, la sensation se confirme : il y a des foires qu’il faudrait interdire aux moins de 18 ans. Encore que les mômes présents ne semblent guère traumatisés. Certains rigolent même franchement devant une sculpture d’Olivier Blanckart, portrait bien plus grand que nature de Catherine Millet, juchée sur un socle constitué d’un empilage du livre qui l’a rendue célèbre hors du milieu de l’art, La Vie sexuelle de Catherine M. L’oeuvre est intitulée In Deae M. Templo. Les latinistes et les connaisseurs de ladite vie sexuelle apprécieront.

Même la très sérieuse galerie 1900-2000 semble saisie par le démon, avec, pour sa première participation à la foire, un cabinet assez particulier. C’est aussi une des rares montrant de l’art moderne, et non seulement des oeuvres récentes : de leur propre aveu, les organisateurs ont favorisé les galeries émergentes et l’art le plus contemporain. Une tendance mondiale qui, à Madrid, donnait un triste résultat.

A Bruxelles, non. On a rarement entendu autant de rires dans une foire. Des gloussements de poules, aussi. Des gallinacés, des vrais, oeuvre de Koen Vanmechelen qui présente son projet de Poulets cosmopolites. La onzième génération d’une série de croisements de volatiles d’origines différentes, pour aboutir au coq universel.

Le poulailler fait partie d’une nouvelle section, baptisée “Ephemeral Fringes”, confiée non à des marchands, mais à un commissaire d’exposition, Filip Luyckx. Il a ainsi choisi de montrer un film réalisé à partir d’une installation que le Bulgare Nedko Solakov avait montrée à Bruxelles en 2007, et intitulée Confidentialité garantie : il avait alors créé un stand, avec des acteurs jouant le rôle des marchands et des acheteurs, qui se présentait comme une officine de blanchiment d’argent. Les vrais visiteurs, interloqués ou intéressés, pouvaient surprendre des dialogues comme “15 millions ? Je vous amène l’argent à Cologne…”. Le film tiré de cette aventure est projeté ici, sous le titre évocateur Le Meilleur art que vous puissiez acheter avec votre argent sale. Une fiction, bien entendu…

Mais cette foire un peu foldingue et bon enfant ne fait pas que des heureux. Surtout parmi les galeristes plus classiques, belges notamment, qui ont été évincés de la sélection pour faire place aux jeunes. Le quotidien Le Soir s’en indigne, parlant de “pauvres surprises”. Mais les organisateurs tiennent bon. Pour eux, c’est une question de survie : la plus ancienne foire du monde, celle de Cologne, a décalé ses dates pour faire concurrence à Bruxelles. Et il n’y aura pas assez de collectionneurs pour tout le monde.

Lire article in Le Monde.fr

Art Brussels 2008 Web Site

 

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